L'édito du mois

Edito du N°877 – Octobre

Retour vers le futur

Elle n’était pas si mal l’année 2018 ! La production de l’industrie manufacturière a connu une croissance positive, +0,4 %, même si elle était à +2,8 % l’année précédente. L’année 2018 peut être considérée comme une année de consolidation avec des signes encourageants. L’emploi salarié direct, hors intérim, a augmenté pour la première fois depuis 2001, avec une hausse de 7 100 salariés. À fin mars 2019, le cumul des créations nettes d’emplois s’élève, en outre, à 20 200 depuis le deuxième trimestre 2017 avec un coût du travail inférieur, 37,6 €/h en 2018, à celui de l’industrie manufacturière allemande 39,8 €/h, où les salaires augmentent plus rapidement que dans les années 2000. Depuis le 1er janvier 2019, le CICE est transformé en allègements pérennes de cotisations sociales et sera renforcé par l’introduction de 4,05 points d’allègements sur les bas salaires à partir du 1er octobre 2019. Le coût du travail des PME sera également réduit suite à la loi Pacte qui prévoit un relèvement du seuil social de 20 à 50 salariés pour la participation de l’employeur à l’effort de construction (PEEC) et le taux plein de la contribution au Fonds national d’aide au logement (FNAL). Mais la compétitivité-prix de l’industrie manufacturière française reste sensible à l’évolution du taux de change de l’euro, qui s’est apprécié par rapport à la plupart des devises en 2018. Dans ce contexte, plusieurs secteurs de basse et moyenne technologie, fortement exposés à la concurrence des pays émergents, continuent à connaître des difficultés en 2018, comme la cokéfaction raffinage, l’industrie du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure, la fabrication d’équipements électriques ainsi que l’industrie du papier et l’imprimerie. Alors, quels sont les leviers pour renforcer la compétitivité de l’industrie française ? Le design, l’image de marque ou l’innovation. Les entreprises investissent notamment dans la R&D. Selon la DGE du ministère de l’Économie et des Finances, ces investissements ont augmenté de 48 % en volume entre 2000 et 2017 et représentent 11 % de la valeur ajoutée manufacturière française en 2017, contre 8 % seulement en Allemagne. Pour avoir de l’avance par rapport à ses compétiteurs, l’industrie bénéficiera d’un Fonds pour l’innovation et l’industrie de 10 Mrds € dédié aux innovations de rupture. L’attractivité de la France sera renforcée par une diminution du taux d’impôt sur les sociétés jusqu’à 25 % d’ici à 2022, ceci pour l’installation de nouveaux sites de production ; les démarches pour créer ou étendre un établissement seront plus simples avec un guichet unique pour l’investissement productif (French Fab Investment Desk) qui a été lancé le 18 juin 2019. L’industrie manufacturière française est sur les bons rails.

1,3 Mrds € pour soutenir l’initiative « Territoires d’industrie »

P.-S.

Voahirana Rakotoson, rédactrice en chef