L'édito du mois

Edito du n°859 – Octobre 2017

Le décor est planté

La question n’est plus de savoir si oui ou non il faut numériser les usines, mais d’avoir la stratégie adéquate pour prendre le virage numérique. Si les grandes entreprises ont entamé leur transformation industrielle en s’associant avec les start-up innovantes, les géants du numérique et les fournisseurs d’équipements industriels, la grande majorité des PME n’a pour l’instant pas démarré sa mutation. Plusieurs raisons à cela. L’industrie numérique s’accélère, mais tous les modules n’existent pas encore aujourd’hui pour digitaliser entièrement la production ; « Pour le marché des peintures et revêtements, il y a encore une marche à franchir », note David Chapman de Scott Hillam lors de son intervention à la journée technique, organisée par Ampittec le 28 septembre dernier, sur l’application de la peinture dans l’usine du futur. Autre raison évoquée par les analystes : l’absence d’une vision stratégique claire, de moyens financiers et de compétences numériques suffisantes. Par ailleurs, les impacts sur l’organisation réelle des projets de transformation industrielle sont rarement appréhendés en amont. Pour accompagner les PME dans leur démarche d’excellence industrielle, elles citent et plébiscitent l’efficacité et la pertinence de la Bpifrance dans sa démarche d’accompagnement. Récemment, la banque Bpifrance a annoncé une coopération avec le Japon pour lancer un financement via un appel à projets visant les projets de R&D collaborative entre entreprises françaises et japonaises. Ces projets relèveront du domaine de l’Industrie du Futur et l’Internet des Objets ou d’autres technologies innovantes, quel que soit le domaine d’application. L’aide accordée sera soit une aide pour le développement de l’innovation (ADI) sous forme d’avance récupérable dont le taux varie de 25 à 65 % des dépenses éligibles, soit un prêt à taux zéro pour l’innovation (PTZI). D’autres programmes viennent d’être lancés comme celui dédié à la filière aéronautique : « Ambition PME-ETI », « qui sera un levier puissant pour faire évoluer la filière, conforter son dynamisme, la structurer et la consolider », ont déclaré à l’unisson Patrick Daher, président du GEAD (groupe des équipementiers) et Bertrand Lucereau, président du comité Aéro-PME, du Gifas. L’objectif, Fanny Letier, directrice exécutive Fonds propres PME chez Bpifrance, l’exprime ainsi : « Créer des ETI qui ont la taille critique pour se projeter mondialement. Pour cela, il faut briser la solitude de l’entrepreneur, l’aider à s’entourer de conseils et de compétences adaptés… » Si le virage numérique de l’industrie est réussi, le cabinet Roland Berger estime une création de valeurs ajoutées à hauteur de 1 250 Mrds € sur les dix prochaines années.

Rappel : Le virage va dans la bonne direction

P.-S.

Voahirana Rakotoson, rédactrice en chef