L'édito du mois

Edito du N°884 – Juin - Juillet

La boîte à outils

Elle est rangée dans 720 pages, déclinée en 170 mesures, proposée en 10 orientations concrètes, et articulée en cinq grands axes pour l’industrie. Il s’agit du rapport de la Commission des affaires économiques du Sénat publié le 24 juin dernier, qui se veut une contribution ambitieuse et lucide aux débats sur la relance de l’économie française dans le monde de l’après-crise. « La France passe dans le vert pour ce qui est de la crise sanitaire, mais l’économie entre dans le rouge ; il faut réagir et changer de braquet, la France est plus impactée que les autres économies européennes. En Allemagne, la récession est beaucoup moins forte. Elle a mieux géré la crise et dispose d’une capacité de relance budgétaire plus importante », a souligné Sophie Primas, présidente de la Commission des affaires économiques. La relance est cruciale. La cellule Industrie du Sénat a alors défini cinq grands axes  : soutenir l’investissement dans l’outil de production et l’innovation. Sa proposition  : pérenniser le dispositif de suramortissement pour la numérisation des PME et TPE industrielles françaises, qui leur permet de déduire de leur résultat imposable 40 % de l’investissement dans des robots, logiciels, ou encore imprimantes 3D. Dans la même lignée, un crédit d’impôt à la modernisation des PME en difficulté vise le même objectif que ce dispositif existant. Dans un second temps, de l’étendre à d’autres dépenses, telles que le conseil et la formation aux outils numériques et robotiques, qui n’entrent actuellement pas dans le champ du suramortissement. Sans oublier, bien sûr, les propositions portant sur la réforme des impôts de production. Le second axe est de renforcer et protéger le capital des entreprises industrielles en transformant une partie de la dette des PME et TPE en quasi-fonds propres. Cette mesure pourrait cibler les secteurs industriels stratégiques et prioritaires tels que l’automobile, l’aéronautique ou encore les équipements électriques et électroniques. Par ailleurs, la cellule recommande d’intensifier temporairement le contrôle de l’investissement étranger dans les entreprises françaises en proposant un abaissement du seuil de prise de participation dans une société, déclenchant le contrôle du ministre de l’Économie, en le portant à 10 % contre 25 % actuellement. Les autres axes, aussi cruciaux et stratégiques que les deux précédents  : encourager la réindustrialisation et la relocalisation, assurer une concurrence mondiale équitable et enfin, poursuivre la transition environnementale de l’industrie française. Un aperçu qui en dit long sur la stratégie de relance pour la pérennité de l’industrie française.

P.-S.

Voahirana Rakotoson, rédactrice en chef