L'édito du mois

Edito du N°885 – Septembre

De l’optimisme, oui il en faut

Les chefs d’entreprise considèrent la situation macro-économique actuelle comme préoccupante, mais le cas particulier de leur propre entreprise génère moins d’inquiétude. Ces dirigeants font preuve d’un optimisme certain. C’est le résultat d’une enquête réalisée par l’Ifop pour le Medef publiée le 1er septembre. Parmi les raisons évoquées de cet optimisme, les mesures annoncées par le gouvernement dont le soutien à la trésorerie et la baisse des impôts pesant sur les facteurs de production. Près de 500 000 entreprises ont bénéficié du Plan garanti par l’État (PGE), ce qui représente 100 milliards € (1,7 M€ en moyenne pour une PME) ; l’automobile, la mode et le luxe y ayant plus recours que l’agroalimentaire par exemple. Et l’après-crise ? Lors de la table ronde numérique, qui s’est tenue le 1er juillet dernier, dans le cadre de Global Industrie Connect, Philippe Varin, président de France Industrie, rappelle la pertinence des fonds sectoriels comme ceux mis en place dans l’automobile et l’aéronautique, mais aussi régionaux et nationaux  : « Ils seront insuffisants, et il faudra trouver d’autres dispositifs ». Un relais au PGE est en cours d’étude au-delà des six ans prévus ; « il faudra aussi stimuler très fortement l’investissement », note Thomas Courbe, directeur général de la DGE, notamment sur la modernisation des appareils de production et la transition écologique. D’ailleurs, pour Bruno Grandjean, président de l’Alliance industrie du futur, « les technologies du futur vues comme importantes, mais pas urgentes, le sont devenues à l’aune du coronavirus », pour ne citer que la société française W6 Design qui a imaginé le Patouch 2.0, un gant antibactérien flexible imprimé en 3D qui permet de s’accrocher aux barres du métro en toute sécurité. Facilement lavable et fabriqué à partir de nanoparticules de cuivre, il rejoint le Patouch, un crochet antibactérien qui permettait d’ouvrir les portes sans toucher la poignée directement. Une innovation pratique qui pourrait permettre aux usagers des transports en commun de voyager plus sereinement. L’autre bonne nouvelle, lors de sa session plénière du 10 juillet dernier, le parlement européen est favorable à l’utilisation du chrome VI en tant que produit intermédiaire dans de nombreuses industries de traitement de surfaces ; les processus décisionnels finaux sont encore en cours. En effet, une interdiction du trioxyde de chrome dans les produits intermédiaires aurait inévitablement conduit à une délocalisation de certaines usines. Justement, la relocalisation est un cheval de bataille pour une relance industrielle réussie.
«  Un second souffle industriel se dessine. »

P.-S.

Voahirana Rakotoson, rédactrice en chef