L'édito du mois

Edito du N°874 – Mai

La course à l’innovation

En arpentant les allées du salon Global Industrie ou celui du JEC dédié aux composites, qui se sont tenus juste l’un après l’autre, les vitrines sont bien achalandées, traduisant un savoir-faire et une innovation. Au salon Global Industrie, Armor s’est vu remettre, par l’Alliance industrie du futur, le trophée Vitrines industrie du futur pour son programme continu d’automatisation et de transformation numérique de son outil industriel. « L’objectif du programme est triple : accompagner un marché en forte croissance et concurrentiel, diminuer les coûts de production et maintenir le cœur de l’activité en France », explique Christophe Derennes, directeur industriel d’Armor. L’innovation irrigue toutes les activités d’une entreprise. Encore faut-il avoir les moyens pour la réaliser. La France propose de nombreux financements aux entreprises qui investissent dans la R&D et l’innovation ; la fiscalité en la matière est attrayante pour ne citer que le crédit impôt recherche (CIR) ou le crédit impôt dédié à l’innovation. Le CIR comporte entre autres, des mesures visant à inciter les entreprises à recourir à des institutions de recherche académique pour effectuer leurs travaux de R&D (taux de 60 %), ainsi qu’à embaucher de jeunes docteurs. Selon le rapport sur l’impact du CIR publié en mars, le poids des PME, sur la période 2009-2015, a augmenté au détriment des grandes entreprises et, surtout, des entreprises de taille intermédiaire. Entre 2007 et 2016, en ce qui concerne la dépense intérieure de R&D des entreprises, le ratio au PIB est, en France, passé de 1,27 % à 1,43 %. Cette hausse de 0,16 point de pourcentage est du même ordre de grandeur que celle qui a été observée au cours de la même période dans l’ensemble des 28 pays de l’UE (+0,18 point) et supérieure à celle de l’ensemble des pays de l’OCDE (+0,10 point). Pour ce ratio, la France se classe actuellement à un niveau intermédiaire entre la moyenne des pays de l’OCDE et celle des pays de l’UE. Selon les données de l’OCDE, l’évolution pour notre pays est également en demi-teinte sous l’angle du personnel de R&D employé en entreprise. L’impact du CIR reste encore difficile à déceler en aval des activités de R&D, en matière d’innovation et d’activité économique. Si l’objectif premier du CIR est bien d’inciter les entreprises à consacrer davantage de moyens à la R&D, le rapport conclut : « Il ne faudrait pas occulter l’objectif implicite, qui est l’amélioration de la performance de notre économie, notamment via des gains en termes d’attractivité et de compétitivité internationale ». Autrement dit, la compétition est mondiale et l’innovation est stratégique.

« Une industrie française porteuse d’avenir »

P.-S.

Voahirana Rakotoson, rédactrice en chef