L'édito du mois

Edito du n°857 – Juin/Juillet 2017

Le Graal de la surface intelligente

Le futur des surfaces : juste un clic à la surface du matériau pour que celle-ci soit antisalissure, autonettoyante, antigraffiti, anticorrosion, hydrophobe, oléophobe, antireflet, anticontrefaçon… Bref, des surfaces à la demande. La chimie et la physique des surfaces des matériaux, quelle que soit leur nature, ne sont plus un secret, ou presque, pour les experts. Faurecia vient de renforcer son expertise et son offre technologique en matière de développement et de production des surfaces intelligentes nécessaires au cockpit du futur. Le concept du futur va loin.
L’astronaute Thomas Pesquet est allé dans l’espace pour tester et expérimenter, entre autres, des nouvelles surfaces intelligentes à l’épreuve de la micropesanteur. Lorsqu’elles sont intelligentes, elles doivent réagir à l’approche de bactéries en les empêchant de se poser, de proliférer et de créer des biofilms. Un défi spatial à transposer au milieu terrestre ; la qualification de ces nouvelles surfaces servirait pour l’équipement des transports en commun ou encore pour le revêtement de surface des boutons d’ascenseurs. Entre le moment où un thème est étudié au laboratoire et sa transformation en produit, il faut un délai de dix à trente ans. Les compétiteurs se livrent alors à une course contre la montre pour dévoiler au plus vite le matériau le plus intelligent. Au programme : expériences, théories et modélisation sur ordinateur.
Un nouvel outil émerge : l’ordinateur quantique pour tirer parti de la puissance colossale de cette technologie afin de compiler à une vitesse phénoménale toutes les données et caractéristiques nécessaires à la compréhension, entre autres, du matériau et de son écosystème. Ces ordinateurs pourraient être capables de simuler l’interaction de chaque atome d’air avec la surface d’une aile d’avion, voire d’un aéronef complet, ce qui permettrait d’accélérer et de rendre plus efficace la conception des avions, satellites et autres véhicules. L’enjeu est hautement stratégique. Pour Airbus Group, qui a créé une unité d’informatique quantique dans son usine de Newport, l’informatique quantique s’inscrit parfaitement dans sa culture d’innovation et de numérisation. L’ordinateur quantique, en tant que tel, n’existera pas avant quelques années. Aujourd’hui, il s’agit plutôt d’adapter les machines existantes aux problématiques de l’industrie, notamment celles qui nécessitent la manipulation et le stockage de quantités considérables de données. La bataille de l’informatique quantique ne fait que commencer. Le prochain métier en tension : « Entreprise cherche ingénieurs quantiques » ;

P.-S.

Voahirana Rakotoson, rédactrice en chef