L'édito du mois

Edito du N°873 – Avril

Enfin le vent d’optimisme !

L’édito précédent « La bataille est presque gagnée » est un prélude à un vent d’optimisme qui souffle sur l’industrie française. D’après un sondage Harris Interactive publié à l’occasion de la Semaine de l’Industrie, 66 % des 18-34 ans ont une opinion favorable de l’industrie, 56 % d’entre eux se disant même prêts à recommander ce secteur d’activité à leurs amis. Jean-Yves Hihn, professeur, directeur adjoint de l’institut Utinam de l’université Franche-Comté a vu juste lorsqu’il a déclaré, lors de la table ronde organisée pour la célébration du 50e anniversaire de l’A3TS : « Je suis convaincu que notre métier attirera davantage les jeunes, car il est très passionnant ». Au cœur de la séduction : les nouvelles technologies qui irriguent les secteurs d’activité dont le traitement des matériaux comme la robotique, l’impression 3D, l’Internet des objets, la réalité virtuelle ou augmentée. Dans les usines, les opérateurs ont recours à de nouveaux outils digitaux qui permettent de meilleures interactions entre les différents ateliers. Une bonne image qui se reflète à l’international. Si la France se place troisième en termes de production de valeur ajoutée industrielle en Europe, avec 11 % du total de l’Union européenne, elle se place loin en tête quand il s’agit du nombre d’investissements étrangers. Jean-Pierre Letartre, président du cabinet d’EY en France, qualifie un redressement spectaculaire de l’attractivité de la France en 2017 et en 2018. Le baromètre d’EY révèle en effet que, désormais, 8 investisseurs sur 10 la trouvent plus attractive parce que plus compétitive. La France s’affirme comme un pays compétitif en matière d’innovation. À la suite du rapport Villani, le gouvernement français a annoncé un programme d’investissement d’1,5 Mrd € consacré à l’intelligence artificielle d’ici à 2022, dans des secteurs tels que les transports avec le véhicule autonome ou encore la santé. Et la course continue. Accélérateur aéronautique, accélérateur chimie, accélérateur plasturgie. Dernier-né des accélérateurs, celui de la filière automobile ; 150 PME à fort potentiel seront accompagnées par la PFA et Bpifrance. Au programme : l’internationalisation et la compétitivité. Pour que la dynamique actuelle se prolonge et se transforme durablement, une première piste évoquée, par Ludovic Subran, chef économiste Euler Hermes et directeur de la recherche chez Allianz, est celle de « tirer parti de la diversité de notre économie pour développer des niches dans nos domaines d’excellence : santé, nouvelles technologies, etc. Mais cela, à condition que les talents restent en France et que les entreprises disposent de ressources comparables à celles de leurs concurrentes ».

« Que les talents restent en France »

P.-S.

Voahirana Rakotoson, rédactrice en chef