L'édito du mois

Edito du N°892 – Mai

Enfin, on y est presque !

Un déconfinement qui se profile avec les salons Surcar et Global Industrie qui se maintiennent et un meilleur climat dans les affaires. Les inquiétudes sur l’évolution de la trésorerie dans les trois prochains mois se dissipent, notamment dans l’industrie et le bâtiment, selon le baromètre trimestriel de Bpifrance Le Lab et de Rexecode, publié mi-mai. Et ce, malgré le choc du coût de matières premières que subissent ces deux secteurs. Afin d’atteindre rapidement les objectifs stratégiques de croissance et de performance, le cabinet Roland Berger et France Supply Chain ont identifié les capacités à mettre en place en 2021. Parmi celles-ci, la transformation du modèle organisationnel pour 53 % des entreprises interrogées et la digitalisation, à commencer par l’amélioration des prédictions de la demande (37 %), la détection des risques de rupture de stocks et d’approvisionnement (34 %) et l’excellence de la donnée ou le partage des données entre entreprises (33 %). L’agroalimentaire avec l’aéronautique et la défense, l’automobile et la construction sont les secteurs les plus concernés. Et les industriels comptent investir. Si le renouvellement et la modernisation des équipements demeurent la destination principale de l’investissement, le motif « environnemental » fait une percée, revendiqué par 35 % des chefs d’entreprise envisageant d’investir, selon Bpifrance et Rexecode. Dans cette démarche, 98 nouveaux projets lauréats viennent de bénéficier des fonds de modernisation des filières automobile et aéronautique. Parmi ces lauréats, la PME Anomax — spécialisée dans le traitement de surface de l’aluminium et du titane pour l’automobile ou la mécanique — lance un projet pour automatiser son process dans les meilleures conditions technico-économiques et environnementales. Réindustrialisation, mondialisation, souveraineté, décarbonation… Une équation à quatre enjeux, pour ne citer que ceux-là, que la maison Felger a résolue. C’est une jeune griffe de souliers masculins sur mesure qui vient de relocaliser son usine de production italienne en Bretagne en utilisant des chutes de cuir. «  Il s’agit de pièces de cuir que les grandes maisons de luxe n’utilisent plus et qui normalement seraient détruites. Ce mode d’approvisionnement est très important pour nous, car chaque année, près de 36 tonnes de cuir sont détruites par les grandes maisons », déplore l’entrepreneure Maria Karunagaran, qui espère aujourd’hui injecter toujours plus de technologie dans son concept. Un scanner 3D mesure le pied en quelques minutes, sans aucune déformation pour un confort et un rendu optimaux. La Bretagne et son ancien vivier de fabricants de chaussures font le reste de la French Touch.

HIGH-TECH, ENVIRONNEMENT, FRENCH TOUCH…

P.-S.

Voahirana Rakotoson, rédactrice en chef