L'édito du mois

Edito du N°890 – Mars

Toujours dans la course ?

Malgré la crise, les entreprises résistent. Leur trésorerie se porte bien. C’est ce qui ressort du dernier baromètre trimestriel « Trésorerie, Investissement et Croissance des TPE et PME » présenté, au début du mois de mars, par Bpifrance Le Lab et Rexecode  : 55 % des dirigeants comptent investir cette année ; ils étaient seulement 41 % à la fin de l’année 2020. Au-delà des besoins de renouvellement et/ou de modernisation des équipements, l’introduction de nouveaux produits et services, la motivation environnementale de l’investissement est au plus haut. À l’image de la Compagnie du Mont-Blanc qui fait preuve de résilience face à la crise et anticipe l’avenir de ses stations de montagne, plus écologiques et responsables. « C’est un moment difficile, mais je suis confiant pour l’avenir », assure Mathieu Dechavanne, p-dg de la Compagnie du Mont-Blanc qui exploite les remontées mécaniques dans la vallée de Chamonix, aux Houches et à Megève. Tandis que les stations ne sont remplies qu’à 50 % et que son chiffre d’affaires est passé de 100 M€ à 20 M€, le chef d’entreprise maintient une partie de ses activités et souhaite maintenir le cap. Il sollicite ses équipes et crée des projets innovants et plus responsables vis-à-vis de la montagne. Si les installations de la compagnie fonctionnent en majorité grâce aux centrales hydroélectriques, ses dameuses sont encore émettrices de CO2 ; « il y a des travaux sur la pile à hydrogène. On commence à avoir des appareils hybrides », assure Mathieu Dechavanne qui espère atteindre la neutralité carbone d’ici 5 à 10 ans. D’ailleurs, une grande partie des nouvelles stratégies d’innovation prioritaire de la quatrième phase du plan d’investissement d’avenir PIA - doté de 20 Mrds € - est dédiée à la transition écologique, à l’innovation, la recherche et l’enseignement supérieur. L’annonce en a été faite début janvier par le Premier ministre lors d’un déplacement dans l’Essonne, dans les locaux d’une jeune start-up - soutenue par le PIA - spécialisée dans le développement et la qualification de propulseurs électriques pour petits satellites. Oui, les activités industrielles reprendront le chemin de la croissance si les difficultés de recrutement s’estompent. Par exemple, les entreprises du secteur numérique sont en pénurie d’ingénieurs, autour de 15 000 annuellement. Des entreprises de services numériques créent leur propre école comme l’école 42 de Xavier Niel ou l’école Intelligence artificielle de Microsoft et de Simplon, où les apprenants finissent leur formation avec l’équivalent d’un bac +3 ; 23 écoles ont été ouvertes en 2020. Leur succès est une source de réflexion.

LA FORMATION INITIALE ET CONTINUE EST STRATEGIQUE.

P.-S.

Voahirana Rakotoson, rédactrice en chef